vendredi 28 août 2026

Le VRAI quotidien

Météo — Lyon 6e

Vendredi 28 août s’annonce nettement plus frais et instable à Lyon 6e après la chaleur de jeudi. Le bulletin quotidien Météo-France actualisé jeudi à 15 h prévoit environ 19 °C au plus frais, autour de 20 °C vers 8 h et 24 °C vers 14 h. Des orages sont attendus en seconde partie de nuit, puis des averses vendredi matin, avec environ 2 mm supplémentaires annoncés sur Lyon ; l’après-midi devrait devenir plus calme sous un voile de nuages élevés. Le vent restera faible sur la ville. Le Rhône est placé en vigilance orange pour les orages. En pratique : prudence au réveil et pendant les déplacements matinaux, surtout sous les cellules orageuses ; l’après-midi devrait être plus facile, avec une baisse sensible de la chaleur.

France

Les prix industriels accélèrent nettement sous l’effet de l’énergie

L’Insee a publié jeudi les prix de production de l’industrie française pour juillet. L’indice global augmente de 1,3 % sur un mois, après +0,3 % en juin, et de 4,3 % sur un an. Pour le marché français, la hausse atteint 1,1 % sur le mois et 3,4 % sur un an ; pour les marchés extérieurs, elle atteint 1,5 % et 6,3 %.

La comparaison hors énergie est éclairante : une fois retirés hydrocarbures, raffinage, électricité et autres composantes énergétiques, les prix n’augmentent que de 0,2 % sur un mois et de 2,7 % sur un an. Les prix d’importation des produits industriels progressent eux aussi de 0,8 % en juillet et de 6,6 % sur un an. Le choc reste donc largement énergétique, mais il entretient une pression en amont sur les marges des secteurs gros consommateurs d’énergie et de biens intermédiaires.

Pernod Ricard revoit à la baisse ses ambitions de croissance

Pernod Ricard a publié des résultats qui montrent la faiblesse persistante de deux de ses principaux marchés. Sur l’exercice clos fin juin, les ventes ont reculé de 14 % aux États-Unis et de 19 % en Chine. Le groupe estime désormais que sa croissance jusqu’en 2029 devrait se situer dans le bas de sa fourchette cible de 3 % à 6 % par an.

L’entreprise poursuit un programme de restructuration d’environ 1 milliard d’euros, qu’elle prévoit de terminer un an plus tôt que prévu ; environ 3 600 postes ont été supprimés depuis 2024. L’Inde, devenue son deuxième marché devant la Chine, constitue en revanche un relais de croissance assez important pour que le groupe étudie une introduction en Bourse de sa filiale locale. Le dossier illustre la difficulté des groupes européens de consommation à absorber simultanément ralentissement chinois, faiblesse américaine et coûts commerciaux plus élevés.

Ariane 6 réussit sa première mission vers l’orbite de transfert

géostationnaire

La mission annoncée hier est désormais accomplie. Ariane 6 a décollé jeudi soir de Kourou et placé le satellite météorologique MTG-I2 sur sa trajectoire vers l’orbite géostationnaire. Il s’agissait du neuvième lancement d’Ariane 6 et de sa première mission vers une orbite de transfert géostationnaire.

MTG-I2 complète la première famille Meteosat de troisième génération. Une fois le système opérationnel, certaines zones d’Europe et d’Afrique du Nord pourront être imagées toutes les 2,5 minutes. L’ESA indique que la constellation produira au moins cinquante fois plus de données que la génération précédente. L’enjeu est directement opérationnel : détection plus rapide des orages, suivi de la foudre, des incendies et de certains épisodes de pollution.

Monde

Washington envisage une nouvelle vague de droits de douane sur les

semi-conducteurs

L’administration américaine étudie, selon des informations rapportées par Politico et reprises par Reuters, une nouvelle série de droits de douane pouvant viser largement les semi-conducteurs importés. Les modalités restent en discussion et aucun barème définitif n’a encore été annoncé.

L’enjeu dépasse les seuls fabricants de puces. Les semi-conducteurs sont incorporés dans l’automobile, les télécommunications, les serveurs, l’électronique industrielle, les équipements médicaux et une grande partie des systèmes de défense. Un droit appliqué à l’entrée peut donc soutenir certains investissements de production aux États-Unis, mais renchérir simultanément les intrants de milliers d’entreprises américaines.

Cette politique commerciale s’ajoute aux subventions et aux restrictions d’exportation déjà utilisées pour réorganiser la chaîne mondiale des puces. Elle renforce la logique de régionalisation : production avancée aux États-Unis, capacités alliées au Japon et en Corée du Sud, et tentative de réduire les dépendances jugées stratégiques envers l’Asie, en particulier la Chine et Taïwan. Le coût de cette sécurité industrielle sera l’un des points à surveiller.

L’Europe met 200 millions d’euros sur Isar Aerospace pour élargir

son offre de lanceurs

La start-up allemande Isar Aerospace a obtenu environ 200 millions d’euros de l’Agence spatiale européenne dans le cadre de l’European Launcher Challenge. Il s’agit de la plus importante des trois attributions annoncées jusqu’à présent dans un programme soutenu par plus de 900 millions d’euros d’engagements des États membres.

Le financement doit servir au développement des prochains lanceurs, à l’extension des moyens d’essais et de lancement et à des missions futures. Isar indique disposer déjà d’un carnet de lancements courant jusqu’en 2028. L’objectif européen est clairement stratégique : multiplier les fournisseurs pour que les satellites civils, commerciaux et militaires ne dépendent ni d’un lanceur unique ni de SpaceX.

La réussite d’Ariane 6 sur le segment lourd et le financement d’acteurs privés sur le segment des petits et moyens lanceurs répondent à deux besoins différents. Le premier assure une capacité institutionnelle robuste ; les seconds cherchent une cadence plus souple et une baisse des coûts. La question décisive sera moins le nombre de fusées développées que le volume réel de lancements qu’un marché européen peut soutenir durablement.

La Turquie remplace à grande vitesse le diesel russe par des

volumes indiens et américains

La structure des importations turques de diesel a changé brutalement en août. Selon les données de Kpler citées par Reuters, la Turquie a importé plus de 120 000 barils par jour de diesel indien et environ 90 000 barils par jour en provenance des États-Unis, des niveaux mensuels records dans les séries comparables. Les importations russes sont tombées autour de 80 000 barils par jour.

Le contraste est spectaculaire : la Russie fournissait environ 85 % du diesel importé par la Turquie en 2025 ; sa part n’est plus que d’environ 20 % en août. Les frappes ukrainiennes sur des raffineries russes et l’interdiction temporaire d’exporter du diesel décidée par Moscou ont réduit les volumes disponibles, tandis que la guerre au Moyen-Orient et les perturbations autour d’Ormuz ont tendu le marché régional.

L’épisode montre la rapidité avec laquelle les flux énergétiques peuvent se réorganiser lorsque les infrastructures ou les routes commerciales deviennent indisponibles. Il montre aussi la limite du concept de dépendance bilatérale : Ankara peut changer de fournisseur, mais au prix d’itinéraires plus longs, d’un marché mondial plus tendu et d’une exposition accrue aux coûts de fret.

La Corée du Sud relève encore son taux directeur à 3 %

La Banque de Corée a augmenté jeudi son taux directeur de 25 points de base, à 3,00 %. C’est la deuxième hausse consécutive. Le mouvement répond à une inflation qui reste supérieure à l’objectif et à des risques de stabilité financière jugés persistants.

Ce resserrement est notable parce que plusieurs économies asiatiques avaient, ces dernières années, conservé des politiques monétaires plus prudentes que les États-Unis ou l’Europe. La Corée du Sud doit aujourd’hui gérer simultanément le coût de l’énergie importée, les tensions sur certains prix domestiques et la nécessité de ne pas déstabiliser un secteur immobilier très endetté. Pour l’industrie coréenne, très exportatrice, un taux plus élevé renchérit le financement alors même que les grands groupes investissent massivement dans les semi-conducteurs, les batteries et les infrastructures de calcul.

Au Japon, l’inflation de Tokyo se rapproche de nouveau de la cible

de la Banque centrale

L’inflation sous-jacente de Tokyo a atteint 1,8 % sur un an en août, contre 1,7 % en juillet. L’indice excluant à la fois les produits alimentaires frais et l’énergie, suivi comme mesure de tendance, progresse de 2,0 %. Les données de la capitale servent généralement d’indicateur avancé pour l’inflation nationale.

La Banque du Japon a déjà porté son taux directeur à 1 % en juin, son niveau le plus élevé depuis trente et un ans. Une nouvelle hausse lors de la réunion des 17 et 18 septembre est désormais davantage envisagée. La situation japonaise a profondément changé par rapport à la longue période de déflation : la question n’est plus de créer de l’inflation à tout prix, mais de vérifier que les hausses de salaires et de prix restent suffisamment durables sans déclencher une spirale alimentée par l’énergie importée et la faiblesse du yen.

Zoom pays — Maroc

Une croissance solide portée par l’investissement, avec un coût

élevé en importations

Le Maroc aborde la fin de 2026 avec une croissance encore soutenue. Le FMI projette une progression du PIB réel de 4,4 % cette année après environ 4,9 % en 2025 ; la Banque mondiale, dans une estimation plus récente publiée en juillet, retient 4,2 %. Les deux institutions convergent sur le moteur principal : investissement massif dans les infrastructures, reprise agricole après de meilleures pluies et demande intérieure plus robuste.

Cette croissance n’efface pas les fragilités. Le FMI projette encore un chômage d’environ 12,3 % en 2026. L’investissement public et privé a aussi un contenu importé élevé : machines, équipements, énergie et matériaux élargissent le déficit courant lorsque les projets accélèrent. Le conflit au Moyen-Orient constitue un risque particulier pour un pays importateur net d’énergie. À l’inverse, le tourisme, les phosphates et l’automobile soutiennent les recettes en devises.

L’automobile et les batteries rapprochent encore l’industrie

marocaine de l’Europe

Les deux principales familles d’exportation mises en avant par le FMI sont l’automobile et les phosphates et leurs dérivés. Le Maroc s’est construit une base industrielle automobile autour de Tanger et Kénitra, connectée aux chaînes européennes par des liaisons maritimes courtes. Cette base sert désormais de point d’appui à une nouvelle filière : la batterie.

En juillet, la Banque africaine de développement a approuvé un prêt de 100 millions d’euros pour la première gigafactory de batteries du continent, portée par le chinois Gotion High-Tech. La première phase représente environ 1,3 milliard de dollars d’investissement. L’usine doit intégrer la production de cellules lithium-fer-phosphate, de cathodes et d’anodes, avec une grande partie de la production destinée à l’exportation vers l’Europe. La BAD prévoit aussi de mobiliser jusqu’à 141 millions d’euros supplémentaires auprès d’autres financeurs.

Pour Rabat, l’enjeu est de ne plus seulement assembler des véhicules, mais de capter une part plus élevée de la valeur ajoutée. Pour les industriels chinois, le Maroc offre à la fois proximité avec l’Union européenne, accords commerciaux, main-d’œuvre industrielle déjà formée et accès à un écosystème automobile existant.

Électricité : stockage hydraulique et interconnexions deviennent stratégiques

Le système énergétique marocain doit accompagner simultanément la croissance industrielle et l’augmentation de la part des renouvelables. En juillet, la Banque mondiale a approuvé 265 millions de dollars de financement pour une nouvelle station de transfert d’énergie par pompage. Ce type d’installation stocke de l’électricité en remontant de l’eau lorsque la production est abondante puis la restitue aux heures de pointe. Il répond à l’intermittence du solaire et de l’éolien sans dépendre uniquement des batteries électrochimiques.

Le Maroc cherche aussi à renforcer ses liaisons avec l’Europe. Rabat et Paris ont lancé en juillet un appel à manifestations d’intérêt pour étudier une interconnexion électrique directe susceptible d’exporter de l’électricité renouvelable marocaine vers la France. Le Portugal travaille parallèlement avec le Maroc pour relancer un projet de câble électrique et obtenir un soutien européen. Ces projets restent au stade de l’étude économique et du financement : ils ne doivent pas être confondus avec des lignes déjà décidées.

Le grand cycle d’infrastructures crée autant d’opportunités que de

vulnérabilités

Le gouvernement investit plus de 190 milliards de dirhams, environ 20 milliards de dollars, dans les chemins de fer, routes, aéroports, équipements urbains et autres infrastructures liées notamment aux grands événements internationaux de la fin de la décennie. Ce programme soutient fortement le bâtiment, les transports et les services, mais il pose deux questions.

La première est la productivité : une infrastructure n’améliore durablement la croissance que si elle réduit réellement les coûts logistiques, accélère la mobilité ou attire de nouveaux investissements. La seconde est l’eau. Les sécheresses répétées restent, selon la Banque mondiale, un risque majeur pour l’agriculture et les secteurs dépendants de la ressource hydrique. Le Maroc doit donc mener en parallèle modernisation industrielle, sécurisation de l’eau et décarbonation de l’électricité.

Sa géographie lui donne un avantage rare : à quelques kilomètres de l’Europe, sur l’Atlantique et la Méditerranée, le pays peut servir de plateforme industrielle, énergétique et logistique entre l’Afrique et l’Union européenne. Mais cette intégration signifie aussi que sa croissance reste fortement sensible à la demande européenne, aux prix mondiaux de l’énergie et aux tensions commerciales internationales.

Intelligence artificielle

Un juge américain bloque la mise à l’écart d’Anthropic par le Pentagone

Un juge fédéral américain a suspendu la décision du Pentagone de classer Anthropic comme risque pour la chaîne d’approvisionnement de sécurité nationale. Le conflit porte sur les conditions d’utilisation militaire de Claude. Anthropic refuse que son modèle soit utilisé pour la surveillance intérieure américaine ou pour des armes autonomes, estimant que les systèmes actuels ne sont pas assez fiables pour ce type d’emploi. Le Pentagone considère au contraire qu’un fournisseur privé ne doit pas pouvoir imposer de telles limites à l’action militaire.

Le classement décidé par le département de la Défense pouvait écarter Anthropic de certains contrats et, selon l’entreprise, lui faire perdre plusieurs milliards de dollars de revenus et de valeur commerciale. La juge Rita Lin a estimé que la décision était illégale et insuffisamment fondée ; le ministère de la Justice soutient de son côté qu’elle résultait d’un désaccord contractuel et non d’une sanction liée aux positions publiques de l’entreprise.

L’affaire dépasse Anthropic. Elle pose une question structurante pour le marché de l’IA : jusqu’où un fournisseur de modèle peut-il conserver ses propres règles d’usage lorsqu’un État devient client, en particulier pour la défense ? Les clauses de sécurité des modèles deviennent ainsi un sujet de droit des marchés publics et de souveraineté, et plus seulement une politique interne des laboratoires.

Sources

Lyon](https://meteofrance.com/previsions-meteo-france/lyon/69000)

2026](https://www.insee.fr/fr/statistiques/9039166)

Ricard](https://www.reuters.com/business/retail-consumer/pernod-ricard-annual-sales-fall-amid-weak-china-us-iran-war-also-weighs-2026-08-27/)

6](https://www.esa.int/Newsroom/Press_Releases/MTG-I2_completes_Europe_s_latest_weather_trio)

semi-conducteurs](https://www.reuters.com/business/us-weighs-new-round-tariffs-semiconductors-politico-reports-2026-08-27/)

Aerospace](https://www.reuters.com/business/media-telecom/isar-aerospace-secures-200-million-euros-european-space-agency-2026-08-27/)

diesel](https://www.reuters.com/business/energy/turkey-boosts-diesel-imports-us-india-after-russia-ban-prompts-diversification-2026-08-27/)

Corée](https://www.reuters.com/world/asia-pacific/south-korea-central-bank-delivers-back-to-back-rate-hike-expected-2026-08-27/)

Tokyo](https://www.reuters.com/world/asia-pacific/tokyo-core-inflation-accelerates-august-nears-boj-target-2026-08-27/)

2026](https://www.imf.org/en/news/articles/2026/03/23/pr26086-morocco-imf-concludes-2026-aiv-consultation-and-mid-term-rev-under-fcl-arrangement)

Maroc](https://www.reuters.com/world/africa/moroccos-economic-growth-slow-42-2026-world-bank-says-2026-07-24/)

Maroc](https://www.reuters.com/world/africa/afdb-approves-114-million-loan-morocco-battery-gigafactory-2026-07-24/)

Maroc](https://www.reuters.com/business/energy/world-bank-approves-morocco-clean-energy-project-after-ending-climate-lending-2026-07-02/)

France-Maroc](https://www.reuters.com/business/energy/france-morocco-plan-direct-electricity-link-2026-07-16/)

Anthropic](https://www.reuters.com/legal/government/us-judge-blocks-pentagons-anthropic-blacklisting-2026-08-28/)