samedi 29 août 2026

Le VRAI quotidien

Météo — Lyon 6e

Samedi 29 août s’annonce sec et assez lumineux à Lyon 6e, avec une matinée fraîche puis un net réchauffement. Le bulletin quotidien Météo-France actualisé vendredi à 15 h prévoit un ciel d’abord ensoleillé puis voilé, avec environ 17 °C vers 8 h ; la minimale nocturne à l’échelle de Lyon est annoncée autour de 14 °C. L’après-midi deviendra plus nuageux avant des éclaircies en soirée, avec environ 26 °C vers 14 h. Aucun épisode pluvieux n’est annoncé sur Lyon et le vent restera faible, de direction variable. En pratique : une petite couche peut être utile tôt le matin, mais la journée devrait rester facile pour les déplacements extérieurs, sans besoin particulier de protection contre la pluie.

France

L’économie française a stagné au deuxième trimestre

Les comptes nationaux détaillés publiés vendredi par l’Insee ont effacé la petite progression annoncée lors de la première estimation : le PIB français a finalement stagné au deuxième trimestre 2026, après -0,2 % au premier. L’acquis de croissance pour l’année n’est plus que de 0,3 %.

La consommation des ménages a progressé et les exportations ont été dynamiques, mais les variations de stocks ont fortement pesé. Surtout, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut par unité de consommation a reculé de 0,6 % après -0,2 %. Le taux d’épargne reste élevé, à 17,2 %, tandis que le taux de marge des entreprises non financières est stable à 31,5 %. Le tableau est donc celui d’une croissance quasiment nulle, sans effondrement de la demande ni des marges.

L’inflation remonte à 2,4 %, principalement à cause de l’énergie

L’estimation provisoire de l’Insee pour août montre une accélération de l’inflation à 2,4 % sur un an, contre 2,1 % en juillet, et +0,7 % sur un mois. Le principal moteur est l’énergie, en hausse estimée de 16,7 % sur un an ; les produits alimentaires frais progressent de 5,8 %.

Le reste du panier est plus modéré : +2,0 % pour les services et -0,4 % pour les produits manufacturés. L’indice harmonisé européen ressortirait à 2,7 %. Les résultats définitifs sont attendus le 15 septembre. La poussée actuelle reste donc concentrée sur l’énergie et certains aliments plutôt que généralisée à l’ensemble des prix.

Pasqal réussit son entrée au Nasdaq et lève ses moyens de production

La société française Pasqal, spécialiste des ordinateurs quantiques à atomes neutres, a commencé à coter vendredi au Nasdaq sous le symbole PSQL. L’action a gagné jusqu’à 73 % en séance avant de clôturer environ 40 % plus haut. L’opération apporte surtout environ 360 millions de dollars de trésorerie.

Pasqal veut augmenter la fabrication et le déploiement de ses processeurs, poursuivre sa feuille de route vers la tolérance aux fautes et mieux intégrer ses systèmes au calcul classique. Avec sept machines déjà déployées et 16,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, l’enjeu est désormais de transformer une avance scientifique en capacité industrielle et commerciale. Ses sites en France et au Canada peuvent actuellement produire jusqu’à treize machines par an. La cotation américaine ne prouve donc pas encore la rentabilité du calcul quantique, mais elle donne à l’entreprise les capitaux nécessaires pour tester si un marché de machines réellement livrées peut émerger avant la maturité complète de la technologie.

Monde

La Réserve fédérale remet l’inflation au centre du débat monétaire américain

Pour son premier grand discours de Jackson Hole comme président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh a insisté vendredi sur la persistance de l’inflation. La mesure PCE privilégiée par la Fed progresse de 3,7 % sur un an et de 4,1 % sur six mois annualisés, nettement au-dessus de l’objectif de 2 %. Dans le même temps, le chômage reste à 4,1 %, niveau que Warsh considère compatible avec le plein emploi.

Cette combinaison réduit l’urgence d’un soutien monétaire à l’activité et augmente, au contraire, le risque d’un nouveau resserrement. Les marchés ont relevé leurs anticipations d’une hausse de taux lors de la réunion de septembre. Le message est important au-delà des États-Unis : un coût du dollar durablement élevé tend à renchérir le financement mondial, à soutenir la devise américaine et à compliquer la politique des banques centrales qui subissent elles-mêmes le renchérissement de l’énergie. La Fed ne promet pas encore une hausse ; elle indique surtout que la baisse récente de certains indices ne suffit pas à considérer le problème des prix comme réglé.

Washington veut prendre le contrôle d’une partie des réserves

pétrolières vénézuéliennes

Donald Trump a annoncé vendredi un accord visant à donner aux États-Unis, par l’intermédiaire d’un partenariat avec des entreprises privées, un contrôle majoritaire sur plus de 65 milliards de barils de réserves prouvées au Venezuela. Le pays produit actuellement autour de 1,25 million de barils par jour, très loin de ce que permettraient théoriquement ses ressources si les infrastructures, les investissements et le cadre juridique étaient stabilisés.

Les détails restent cependant insuffisants pour mesurer la portée réelle de l’annonce. Il faut encore connaître les champs concernés, la structure juridique, les droits accordés aux opérateurs et la compatibilité du dispositif avec le contrôle public de l’industrie pétrolière prévu par le droit vénézuélien. Caracas évoque près de 100 milliards de dollars d’investissements privés potentiels, mais ce chiffre reste un objectif politique et non un engagement déjà financé.

L’enjeu est considérable : remettre durablement des volumes vénézuéliens sur le marché pourrait modifier les flux de brut lourd dans les Amériques et alimenter les raffineries américaines adaptées à ce type de pétrole. Mais transformer des réserves géologiques en production exige des années de travaux, des capitaux importants et une sécurité contractuelle que le Venezuela n’a pas toujours été en mesure d’offrir.

Chili, Argentine, Bolivie et Pérou veulent peser davantage sur le

cuivre et le lithium

Quatre grands pays miniers sud-américains ont signé vendredi une déclaration commune destinée à renforcer leur coopération sur les minerais stratégiques, en particulier le cuivre et le lithium. Le Chili, l’Argentine, la Bolivie et le Pérou veulent attirer davantage d’investissements, coordonner certains projets de recherche et de formation et rechercher des financements multilatéraux.

La logique est de capter davantage de valeur dans une chaîne mondiale où la demande de cuivre augmente avec les réseaux électriques, tandis que le lithium reste central pour les batteries. Mais la possession de réserves ne garantit ni la production ni les marges. Les résultats semestriels du chilien Codelco illustrent ce décalage : le bénéfice avant impôt a bondi à 1,97 milliard de dollars grâce aux prix élevés du cuivre, alors que la production propre a reculé de 11 %, à 564 000 tonnes, et que les coûts directs ont progressé.

La coopération régionale peut donc faciliter les infrastructures, le financement et la transformation locale, mais le principal goulot reste très concret : développer des mines, obtenir les permis, sécuriser l’eau et l’électricité et maintenir les installations existantes à un niveau de productivité suffisant.

Le Golfe investit dans des routes de secours pour contourner Ormuz

Six mois de perturbations dans le détroit d’Ormuz accélèrent des investissements longtemps considérés comme secondaires. Avant la guerre avec l’Iran, le passage concentrait environ 20 % des flux mondiaux de pétrole. Les États du Golfe cherchent désormais à déplacer davantage de pétrole et de marchandises vers les ports saoudiens de la mer Rouge et vers Fujairah, à l’est des Émirats arabes unis.

L’Arabie saoudite accélère l’augmentation de capacité de son oléoduc vers la mer Rouge. Aux Émirats, une nouvelle conduite doit doubler l’an prochain la capacité d’acheminement de brut vers Fujairah, tandis que DP World développe des terminaux à conteneurs dans ce port. Ces investissements coûteront cher et ne remplaceront pas totalement Ormuz. Leur fonction est plutôt celle d’une assurance physique : maintenir une partie des exportations et des importations lorsqu’un détroit devient indisponible. La crise transforme ainsi des infrastructures redondantes, autrefois jugées peu rentables, en actifs stratégiques.

En Ukraine, la guerre se déplace aussi vers les entrepôts et les

chaînes logistiques

Les frappes russes récentes ont fortement touché les infrastructures de distribution ukrainiennes. Le ministre ukrainien de l’Agriculture, Taras Vysotskyi, estime qu’environ 90 % des capacités logistiques de détail des grandes chaînes ont été détruites ou endommagées lors de la nouvelle série d’attaques. Il précise que cela ne signifie pas que 90 % de l’alimentation du pays a disparu : les réseaux se réorganisent et les ruptures restent ponctuelles, mais Kiev a connu des pénuries temporaires de fruits et légumes frais, de lait, de sucre et d’autres produits.

Des centres de tri de Nova Poshta et plusieurs entrepôts ont également été détruits, tandis que les chemins de fer ont subi des retards. L’effet économique dépasse donc le coût physique des bâtiments : davantage de stocks doivent être dispersés, les trajets s’allongent, les assurances et les protections augmentent et les entreprises doivent multiplier les solutions de secours. Pour une économie en guerre, la résilience dépend désormais autant de la capacité à reconstruire rapidement les nœuds logistiques qu’à maintenir les grandes infrastructures énergétiques et ferroviaires.

Zoom pays — Mongolie

Une croissance forte, mais presque entièrement tirée par les

matières premières

La Mongolie connaît en 2026 une nouvelle phase d’expansion soutenue par les mines. Le FMI relevait début août une croissance du PIB de 7,8 % sur un an sur les quatre premiers mois de l’année, grâce à la reprise agricole et surtout à la production minière. La Banque asiatique de développement prévoit pour l’ensemble de 2026 une croissance de 5,7 %, puis 6,0 % en 2027.

Cette vigueur masque une forte exposition aux prix mondiaux. L’inflation a atteint 12 % sur un an en juin, alimentée par la viande et l’énergie, et le FMI l’attend encore autour de 10 % en fin d’année. Le charbon reste essentiel, tandis que le cuivre prend une importance croissante. Toute baisse de la demande chinoise se transmet rapidement aux exportations, au budget et à la monnaie.

Oyu Tolgoi change l’échelle industrielle du pays

Le moteur principal est Oyu Tolgoi, gigantesque mine de cuivre et d’or du désert de Gobi. Rio Tinto détient 66 % de l’entreprise et l’État mongol 34 %. Au premier semestre, la production du complexe a progressé de 31 % sur un an et la montée en puissance de la mine souterraine reste conforme au calendrier.

À partir de 2028 et jusqu’en 2036, le projet vise une moyenne d’environ 500 000 tonnes de cuivre récupérable par an. Il emploie environ 17 000 personnes, dont 97,8 % de Mongols, et a versé depuis 2010 environ 6,1 milliards de dollars en taxes, redevances et autres paiements. Pour un pays d’un peu plus de trois millions d’habitants, l’échelle macroéconomique est exceptionnelle.

Cette concentration pose aussi un problème de gouvernance : l’utilisation des recettes minières déterminera si le boom finance des actifs durables ou surtout des dépenses permanentes. Le FMI demande de reconstituer des marges budgétaires.

Le rail vers la Chine enlève un goulot d’étranglement tout en

renforçant la dépendance

La géographie impose une contrainte majeure : la Mongolie est enclavée entre la Russie et la Chine, tandis que l’essentiel de ses minerais part vers le sud. Le nouveau chemin de fer transfrontalier Gashuunsukhait–Gantsmod doit réduire l’un des principaux goulets d’étranglement des exportations de charbon. La ligne de 32,6 kilomètres, en construction depuis 2025, est conçue pour transporter jusqu’à 40 millions de tonnes de fret par an et utiliser deux écartements de voie pour faciliter le passage vers le réseau chinois.

Sur les sept premiers mois de 2026, les exportations mongoles ont progressé de 57,5 %, à 12,2 milliards de dollars ; 94,3 % sont parties vers la Chine. Les concentrés de cuivre ont presque doublé. Cette proximité offre un marché immense, mais très peu d’alternatives si la demande ou les règles chinoises changent.

L’électricité devient l’autre infrastructure critique

Le développement minier et urbain accroît rapidement la demande d’électricité dans un système encore dépendant du charbon et d’importations. Un projet soutenu par la Banque mondiale doit ajouter plus de 590 MW de capacité de transport électrique dans les régions centrales et occidentales et permettre l’intégration d’environ 150 MW d’éolien et de solaire. Parallèlement, la Banque asiatique de développement accompagne un appel d’offres portant sur environ 115 MW de solaire et 65 MW, soit 237 MWh, de batteries.

La Mongolie dispose donc de ressources qui lui donnent une place stratégique dans les chaînes du cuivre, du charbon et potentiellement d’autres minerais. Son défi n’est plus seulement d’extraire davantage. Il consiste à transformer les revenus miniers en réseaux électriques, infrastructures, capital humain et activités moins dépendantes d’un seul client extérieur. La croissance de 2026 est forte ; sa durabilité se jouera sur cette diversification.

Intelligence artificielle

Tencent ouvre Hy4, un modèle géant orienté vers les usages productifs

Tencent a publié vendredi en open source une préversion de Hy4, son nouveau grand modèle de langage. Il utilise une architecture « mixture of experts » : 770 milliards de paramètres au total, mais 49 milliards activés pour une requête donnée, ce qui vise à limiter le coût de calcul par rapport à un modèle dense de taille comparable. La fenêtre de contexte annoncée dépasse un million de tokens.

Le groupe présente Hy4 comme un modèle destiné au code, au travail de bureau et à la recherche scientifique, et l’intègre déjà à plusieurs de ses produits, dont WorkBuddy, CodeBuddy et Yuanbao. Il est aussi accessible par API et via OpenRouter. Tencent avertit qu’il s’agit encore d’une préversion, susceptible d’être plus lente sur certains problèmes complexes.

L’intérêt économique est moins le nombre brut de paramètres que la stratégie : un grand acteur chinois associe ouverture des poids, très longue fenêtre de contexte et distribution directe dans des outils de productivité. La compétition se déplace ainsi des seuls classements de modèles vers le coût d’inférence, l’intégration logicielle et la capacité à faire adopter ces systèmes dans des tâches quotidiennes.

Sources

Météo-France — Prévisions Lyon Insee — Comptes nationaux détaillés, deuxième trimestre 2026 Insee — Estimation provisoire de l’inflation, août 2026 Pasqal — Finalisation de l’opération et cotation au Nasdaq Reuters — Débuts boursiers de Pasqal Federal Reserve — Discours de Kevin Warsh à Jackson Hole Reuters — Réaction des marchés au discours de Jackson Hole Reuters — Accord pétrolier États-Unis–Venezuela Reuters — Coopération sud-américaine sur les minerais stratégiques Reuters — Résultats de Codelco Reuters — Investissements du Golfe pour contourner Ormuz Reuters — Logistique ukrainienne touchée par les frappes FMI — Consultation 2026 avec la Mongolie Banque asiatique de développement — Prévisions économiques pour la Mongolie Rio Tinto — Résultats de production du deuxième trimestre 2026 Rio Tinto — Oyu Tolgoi et accord avec le gouvernement mongol National Statistical Office of Mongolia — Commerce extérieur Railway Authority of Mongolia — Gashuunsukhait–Gantsmod Banque mondiale — Renforcement du réseau électrique mongol Banque asiatique de développement — Projet solaire et stockage en Mongolie Tencent — Hy4 preview