mardi 1 septembre 2026
Le VRAI quotidien
Mardi 1er septembre 2026.
Météo — Lyon 6e
La journée s’annonce sèche et largement ensoleillée à Lyon 6e. Le bulletin quotidien de Météo-France, actualisé lundi 31 août à 15 h, prévoit environ 15 °C au plus frais à Lyon, puis 18 °C vers 8 h. Le soleil doit dominer toute la matinée. L’après-midi restera ensoleillé, avec un voile nuageux progressif ; la maximale devrait se situer autour de 27 °C, valeur annoncée vers 14 h. Aucun créneau pluvieux n’est signalé sur Lyon et le vent restera faible, de direction variable. Le contraste entre le début de matinée et l’après-midi sera donc sensible sans excès de chaleur. En pratique : une couche légère peut être utile tôt le matin ; pour l’après-midi, lunettes, eau et protection solaire suffiront.
France
Air Liquide sous la pression d’un actionnaire activiste
Le fonds américain Elliott Investment Management a pris une participation dans Air Liquide et discute depuis plusieurs mois avec le groupe français afin de pousser à une amélioration de ses marges, selon Reuters. La taille exacte de la participation n’est pas connue. L’enjeu est important pour une entreprise qui vaut environ 108 milliards d’euros en Bourse et qui figure parmi les grands groupes industriels français les plus internationalisés.
Le point de comparaison est Linde : à la mi-2026, sa marge opérationnelle atteignait environ 30 %, contre 21 % pour Air Liquide, selon les données LSEG citées par Reuters. Elliott s’intéresse aussi à l’allocation du capital : Linde a racheté pour 4,6 milliards de dollars d’actions en 2025, contre 167 millions d’euros exécutés par Air Liquide au début de 2026. La journée investisseurs prévue début octobre dira jusqu’où la direction entend accélérer ses gains de rentabilité et ses retours aux actionnaires.
Safran et HAL lancent le développement du moteur Aravalli
Hindustan Aeronautics Limited et Safran Helicopter Engines ont signé le contrat définitif confiant à leur coentreprise SAFHAL le développement, la fabrication et le soutien du nouveau moteur d’hélicoptère Aravalli. Le turbomoteur visera une puissance de 3 500 à 4 000 chevaux et doit équiper le futur hélicoptère multirôle indien IMRH de 13 tonnes ainsi que sa variante navale DBMRH.
Pour l’Inde, le programme répond à la stratégie de localisation des technologies de défense. Pour Safran, il approfondit une coopération ancienne avec HAL, après les moteurs Artouste puis Shakti. Le groupe précise que c’est la première fois que Safran Helicopter Engines engage un codéveloppement dans cette classe de puissance. Ce n’est donc pas une simple vente d’équipements : conception, production et soutien doivent être structurés autour d’une entité commune, avec transfert de compétences et ancrage industriel local.
La ligne Niversac–Brive rouvre après sept semaines de sécurisation
Les trains circulent à nouveau depuis lundi 31 août entre Niversac et Brive. SNCF Réseau avait fermé préventivement la ligne le 10 juillet après la découverte, dans la tranchée de Thenon, d’un bloc rocheux instable d’environ 200 tonnes situé huit mètres au-dessus de la voie.
Le chantier a nécessité la dépose de douze mètres de voie, un merlon de protection de 1 000 m³ et cinq mètres de haut, puis une purge contrôlée du bloc à l’aide de coussins pneumatiques. Des cars avaient remplacé les trains pendant la fermeture. L’épisode rappelle que la disponibilité d’une ligne dépend autant des talus et tranchées que de la voie : la maintenance géotechnique est une question de continuité du transport.
Monde
Dans le Pacifique, un petit port devient un investissement stratégique
Les États-Unis et la Nouvelle-Zélande vont financer ensemble la modernisation du port d’Omoka, sur l’atoll de Penrhyn — Tongareva — dans les îles Cook. Washington prévoit 50 millions de dollars et Wellington 17,5 millions de dollars néo-zélandais, soit environ 10 millions de dollars américains. La Nouvelle-Zélande pilotera la réalisation avec les gouvernements américain et cookien.
Officiellement, le projet doit sécuriser les accostages, améliorer l’accès aux services et renforcer les liaisons économiques des îles Cook du Nord. Mais le contexte lui donne une dimension nettement géostratégique. Le port et l’aérodrome voisins avaient déjà été construits par les Américains pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, l’enjeu est la compétition d’influence dans le Pacifique.
Les îles Cook ont signé en février 2025 un partenariat stratégique global avec la Chine, comprenant notamment des volets sur les infrastructures, les affaires maritimes et les minerais des fonds marins. Cette décision avait provoqué une crise avec la Nouvelle-Zélande, à laquelle l’archipel est associé librement. Wellington avait suspendu 18,2 millions de dollars néo-zélandais d’aide au développement avant que les relations ne soient rétablies.
Le nouvel investissement montre comment l’infrastructure portuaire, les ressources minérales et la diplomatie se rejoignent dans le Pacifique. Le gouvernement américain rattache d’ailleurs le projet à un cadre de coopération sur les minerais critiques conclu plus tôt cette année avec les îles Cook. Quelques dizaines de millions de dollars peuvent ici peser bien davantage que leur montant brut : dans un archipel dispersé, un quai utilisable par davantage de navires améliore simultanément la logistique civile, l’accès aux services, la présence de l’État et la capacité d’accueil de partenaires extérieurs.
IRIS² passe des plans industriels aux commandes de satellites
Le programme européen de communications satellitaires IRIS² entre dans une phase concrète. Le constructeur allemand OHB a obtenu de SES un contrat proche d’un milliard d’euros pour produire 18 satellites. Il s’agit de la première grande commande industrielle annoncée pour cette constellation européenne, développée par le consortium SpaceRISE qui réunit SES, Eutelsat et Hispasat.
Le calendrier reste long : les premiers satellites sont attendus en 2029 et les premiers services en 2030. Mais le périmètre du programme s’élargit. L’Union européenne a ajouté 66 satellites à l’architecture prévue au mois d’août et la Pologne a décidé d’apporter 150 millions d’euros supplémentaires. La demande de communications résilientes a nettement augmenté depuis que les conflits récents ont démontré la valeur militaire et civile des constellations commerciales.
IRIS² vise surtout à réduire la dépendance européenne vis-à-vis de capacités non européennes. Cette autonomie reste toutefois incomplète. Le patron d’OHB souligne que le continent dépend encore de composants extérieurs et ne dispose pas de suffisamment de lanceurs. L’enjeu industriel est donc plus large qu’une série de plateformes spatiales : il faut sécuriser l’électronique, les fréquences, les stations au sol, les logiciels de réseau et une cadence de lancement suffisante. Le passage à la commande est important parce qu’il commence enfin à donner de la visibilité aux fournisseurs européens après plusieurs années de conception institutionnelle.
Aux États-Unis, les exemptions sur les biocarburants déplacent le
coût vers les grands raffineurs
L’Agence américaine de protection de l’environnement a accordé des exemptions représentant 1,76 milliard de crédits de carburants renouvelables au titre de l’année 2025. Dix-huit des 34 raffineries ayant demandé une exemption complète l’ont obtenue ; onze autres bénéficient d’un allègement de 50 %. Le mécanisme dispense certaines petites raffineries d’une partie des obligations qui leur imposent d’incorporer des biocarburants ou d’acheter des crédits RIN.
La décision ne supprime cependant pas nécessairement l’obligation nationale. L’EPA prévoit de proposer, d’ici la fin octobre, le transfert vers de plus grands raffineurs des volumes exemptés au-delà de ce qui avait été anticipé pour 2026 et 2027. Autrement dit, le coût réglementaire pourrait être déplacé dans la chaîne plutôt qu’effacé.
La réaction du marché a été immédiate : le prix des crédits d’éthanol a progressé de 16 %, à 2,07 dollars. Les producteurs de biocarburants et les représentants agricoles craignent une diminution de la demande de maïs et d’oléagineux ; l’industrie pétrolière critique de son côté l’instabilité créée par des exemptions plus importantes que prévu puis par une redistribution des obligations.
Le dossier illustre la difficulté d’une politique énergétique qui poursuit simultanément trois objectifs contradictoires : protéger les petites raffineries, soutenir l’agriculture et maintenir des quotas élevés de carburants renouvelables. Il montre aussi l’importance d’un marché réglementaire peu visible : quand le prix des RIN varie brutalement, ce sont les coûts relatifs de raffinage, d’incorporation d’éthanol et de biodiesel, puis les arbitrages sur les carburants finis qui sont déplacés.
Washington verrouille sur sept ans une partie de sa production antimissile
Le Pentagone a signé des accords d’une durée de sept ans avec General Dynamics Ordnance and Tactical Systems et Lockheed Martin afin d’augmenter les volumes produits et d’accélérer les livraisons de composants critiques pour les intercepteurs THAAD et Patriot PAC-3 MSE.
Le communiqué ne donne pas de valeur financière globale, mais la durée est en elle-même significative. Les industriels de défense hésitent à investir dans des lignes, des machines et des fournisseurs supplémentaires lorsqu’ils ne disposent que de commandes annuelles ou de visibilité limitée. Des engagements pluriannuels déplacent une partie du risque vers le client public et facilitent l’investissement en capacité.
Le besoin n’est plus seulement de posséder des systèmes avancés : il faut être capable de renouveler rapidement les stocks. Les programmes THAAD et PAC-3 MSE mobilisent des chaînes où un nombre limité de composants peut bloquer toute la cadence finale. En sécurisant plusieurs années de demande, le Pentagone cherche à donner aux fabricants et à leurs sous-traitants la visibilité nécessaire pour agrandir les capacités. L’industrie des missiles devient ainsi une question de cadence et de profondeur de chaîne d’approvisionnement autant que de performance technologique.
Zoom pays — Chili
Une économie solide, mais une croissance encore modeste
Le Chili reste l’une des économies les plus institutionnalisées d’Amérique latine, mais son rythme de croissance est limité. Le FMI estime que le PIB réel a progressé de 2,5 % en 2025 et prévoit 1,8 % en 2026, puis 2,6 % en 2027. La hausse du cuivre soutient les revenus, tandis que l’énergie importée maintient l’inflation au-dessus de la cible : 4,2 % est attendu en fin d’année.
Le déficit de l’administration centrale est attendu à 2,5 % du PIB et la dette brute à 43,2 %. Le retour vers l’équilibre structurel d’ici 2030 exigera, selon le FMI, des efforts supplémentaires. La vulnérabilité fondamentale reste la dépendance aux matières premières : le cuivre domine les exportations et la Chine est un marché central, avec les États-Unis et la zone euro.
Le cuivre rapporte davantage, même quand Codelco produit moins
Le contraste est particulièrement visible chez Codelco. Le groupe public a dégagé 1,97 milliard de dollars de bénéfice avant impôts au premier semestre, contre 429 millions un an plus tôt. Cette progression vient surtout du prix : le cuivre vendu par Codelco a atteint en moyenne 653,2 cents la livre, contre 461,7 cents un an auparavant.
Sur le terrain, la situation est moins favorable. La production a reculé de 11 %, à 564 000 tonnes, et le coût direct a augmenté de 7 %, à 231,6 cents la livre. Codelco maintient pour 2026 un objectif de 1,33 à 1,36 million de tonnes. Le pays bénéficie donc d’un cycle de prix très favorable sans avoir encore résolu ses problèmes de productivité, de vieillissement de certaines mines et de coûts croissants pour maintenir la production.
Santiago cherche parallèlement à transformer cette rente minérale en pouvoir stratégique. Le Chili, l’Argentine, la Bolivie et le Pérou ont signé le 28 août une déclaration de coopération sur les minerais stratégiques, notamment le cuivre et le lithium, afin d’attirer des investissements, de coordonner davantage la recherche et de peser comme fournisseurs de long terme.
Lithium : extraire davantage avec moins de saumure
Dans le salar d’Atacama, Albemarle a engagé l’examen environnemental d’un projet d’extraction directe du lithium évalué à 3,1 milliards de dollars. La technologie DLE doit presque doubler le taux de récupération du lithium tout en diminuant fortement le pompage de saumure.
Le projet prévoit jusqu’à six unités de traitement. Selon les données présentées par l’entreprise, les prélèvements de saumure pourraient passer de 442 litres par seconde avec la méthode actuelle à 342 avec une première unité, puis 142 avec six unités. L’intérêt est industriel mais aussi politique : dans l’Atacama extrêmement aride, la consommation d’eau et l’impact sur les écosystèmes et les communautés autochtones sont devenus des contraintes centrales du développement minier.
Un système électrique déjà très renouvelable, mais contraint par le réseau
Le système électrique national chilien dispose d’environ 39,6 GW de capacités installées et dessert 98,5 % de la population. L’éolien et surtout le solaire ont progressé très vite, accompagnés désormais par plusieurs gigawatts de batteries. L’objectif n’est plus seulement d’ajouter des mégawatts renouvelables : il faut les transporter et les intégrer.
Le coordinateur du réseau souligne les problèmes de congestion, de variabilité de production, de baisse de l’inertie mécanique et le besoin de renforcer les lignes de transport. Le Chili possède un gisement solaire exceptionnel dans le nord et des centres de consommation très éloignés. Sa transition énergétique dépend donc autant des réseaux, du stockage et de la flexibilité que des centrales solaires elles-mêmes.
La contrainte démographique arrive vite
Le Chili compte environ 20,15 millions d’habitants en 2026. L’institut national de statistique prévoit un sommet à 20,64 millions en 2035, puis un déclin à partir de 2036. La fécondité tomberait à seulement 0,92 enfant par femme cette année. Dès 2028, les plus de 64 ans devraient être plus nombreux que les moins de 15 ans.
Cette évolution change la lecture du pays. Le Chili dispose de ressources minières stratégiques, d’infrastructures solides et d’un cadre macroéconomique relativement robuste, mais il devra financer sa modernisation avec une population active qui finira par diminuer. Son avantage géostratégique est minéral ; sa principale contrainte de long terme pourrait devenir humaine.
Intelligence artificielle
L’Europe commande un nouveau supercalculateur de 387,8 millions d’euros
L’entreprise Bull a été choisie par EuroHPC pour construire LUMI-AI, un nouveau supercalculateur optimisé pour l’intelligence artificielle qui sera installé à Kajaani, en Finlande. Le contrat représente 387,8 millions d’euros pour l’acquisition, la livraison, l’installation et la maintenance. La moitié sera financée par EuroHPC, via le programme Digital Europe, et l’autre moitié par le consortium LUMI AI Factory réunissant la Finlande, la Tchéquie, le Danemark, l’Estonie, la Norvège et la Pologne.
La machine reposera notamment sur des accélérateurs AMD Instinct MI430X et des processeurs EPYC de sixième génération à 256 cœurs. Elle doit être mise à disposition des utilisateurs en 2027, avec une priorité donnée aux start-up, PME et équipes de recherche.
L’intérêt dépasse la seule puissance de calcul. EuroHPC indique que la demande européenne excède déjà les ressources disponibles, au point de devoir refuser certains projets. Le nouveau système est donc un élément de politique industrielle : l’Europe cherche à mutualiser une capacité de calcul coûteuse afin que des acteurs qui ne peuvent pas financer leurs propres grappes de processeurs aient accès à une infrastructure de très haut niveau.
Sources
Lyon](https://meteofrance.com/previsions-meteo-france/lyon/69000)
Liquide](https://www.reuters.com/business/activist-investor-elliott-has-stake-air-liquide-pushes-changes-sources-say-2026-08-31/)
Aravalli](https://www.safran-group.com/pressroom/hal-and-safran-helicopter-engines-sign-final-contract-safhal-launching-development-and-production-2026-08-26)
Niversac–Brive](https://www.sncf-reseau.com/fr/cp/nouvelle-aquitaine/reouverture-ligne-entre-niversac-et-brive-lundi-31-aout)
Penrhyn](https://www.reuters.com/world/asia-pacific/new-zealand-us-fund-cook-islands-port-upgrade-2026-09-01/)
IRIS²](https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/german-satellite-maker-ohb-wins-12-bln-contract-18-satellites-eu-network-2026-08-31/)
biocarburants](https://www.reuters.com/legal/litigation/us-expected-approve-expanded-biofuel-waivers-early-monday-sources-say-2026-08-31/)
missiles](https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/pentagon-signs-7-year-deals-increase-missile-production-2026-08-31/)
Chili](https://www.imf.org/en/news/articles/2026/07/06/pr26238-chile-imf-executive-board-concludes-2026-article-iv-consultation)
2026](https://www.ine.gob.cl/press-room/news/2026/01/28/ine-projections-indicate-that-chile%27s-population-will-reach-20-150-948-in-2026-and-that-the-population-will-peak-in-the-middle-of-the-next-decade)
Codelco](https://www.reuters.com/world/americas/chiles-codelco-posts-stronger-profit-copper-rally-mine-disruptions-drag-output-2026-08-28/)
stratégiques](https://www.reuters.com/world/americas/four-south-american-nations-sign-strategic-minerals-pact-2026-08-28/)
d’Albemarle](https://www.reuters.com/world/americas/albemarle-starts-environmental-review-process-lithium-extraction-project-chile-2026-03-25/)
électrique chilien](https://www.coordinador.cl/presentaciones/transformacion-del-sistema-electrico-nacional-con-miras-a-2030/)
LUMI-AI](https://www.eurohpc-ju.europa.eu/eurohpc-ju-signs-contract-deploy-lumi-ai-supercomputer-2026-08-31_en)
- [Météo-France — prévisions quotidiennes
- [Reuters — Elliott prend une participation dans Air
- [Safran — contrat final du moteur
- [SNCF Réseau — réouverture
- [Reuters — modernisation du port de
- [Reuters — première grande commande industrielle
- [Reuters — exemptions américaines sur les
- [Reuters — accords américains de production de
- [FMI — consultation 2026 sur le
- [INE Chili — projections démographiques
- [Reuters — résultats semestriels de
- [Reuters — pacte sud-américain sur les minerais
- [Reuters — projet d’extraction directe du lithium
- [Coordinador Eléctrico Nacional — transformation du système
- [EuroHPC — contrat